Un beau jour, Petite Cécile suivit son père chez le sage Brocanteur Du Cos pour admirer les vieilleries faisant la renommée de celui-ci. Elle vit, parmi les nombreux objets, un bout de bois taillé finement recouvert de vernis brillant et surmonté de 4 fils de fer. S'avançant vers l'étrange objet, comme attirée par une force mystérieuse, Petite Cécile le prit dans ses mains.
Au moment où le contact s'effectua, une lueur venant d'un ailleurs inconnu l'éclaira aveuglément. Une musique céleste inonda la brocante. Une voix, peu rassurante, s'éleva dans le lointain. Le temps semblait être figé lorsqu'elle comprit qu'elle était victime d'une prophétie que voici: "Princesse tu deviendras, grâce à l'instrument roi, mais à tes 19 ans et un mois, subir un malheur tu devras".
La patience de Princesse Cicile –car il fallait maintenant l'appeler ainsi- fut mise à rude épreuve : elle ne reçu son premier violon qu'à 12 ans. Sa première préceptrice se dénommait Vanille Baise-Tête. Lors de sa première journée d'étude du violon, Princesse Cicile ressentit des étirements aux pieds : au fur et à mesure qu'elle pratiquait, poussait d'étranges lanières. Au bout de quelques jours, les vulgaires bouts de caoutchouc formèrent ce qu'on appelait dans le langage familier des « claquettes ».
Ces claquettes jouèrent un rôle très important pour la progression de Princesse Cicile. En effet, lorsqu'elles apparurent complètement, elles amenèrent notre héroïne aux pieds d'une énorme forteresse : l'Edifice Talentueux de Musique. Tombée sous le charme de ses douves et de ses escaliers semblants mener au septième ciel, Princesse Cicile s'empressa de s'inscrire auprès d'une préceptrice de renom, Marine de la Vigne Spirituelle.
Son engouement pour la musique était tel qu'elle évolua d'une façon fulgurante, ce qui réveilla un des maîtres de l'ETM : Dapan le Vicieux, l'ennemi de Marine de la Vigne Spirituelle, qui l'invita à rejoindre son groupe « Les violons du Roi ». Cette invitation cachait évidemment quelque chose...
Un beau jour, il prit la liberté de lui demander de faire partie de la famille de ses élèves, et donc ainsi, quitter Marine. Princesse Cicile, possédant un c½ur en or et un dévouement à celle qui lui a fait aimer la musique, déclina l'offre avec une telle véhémence que Dapan ne réitéra plus sa demande.
Son assiduité en cours et sa passion accrue grâce aux « Violons du Roi » firent d'elle une musicienne amatrice comblée. Ce bonheur atteint son apogée lorsqu'elle fit la connaissance de deux nouvelles recrues du groupe de Dapan, Pollux la Brune et Castor la Blonde, les deux filles spirituelles de Dapan, êtres incarnant chacune la perfection à leur manière.
Grâce aux « Violons du Roi », Princesse Cicile et ses deux cadettes voyagèrent par delà des frontières pour exporter musique et bonheur. Lors de leur premier voyage, les trois demoiselles furent accompagnées par Jerry de la Terre du Spa, un des fils spirituels de Dapan, frère direct de Castor. Profitant de la faiblesse de la Brune et de la Blonde durant le voyage, Princesse Cicile débuta une romance avec Jerry.
L'année qui suivit fut également synonyme de voyage sur d'autres Terres Australes. Cette fois-ci, le trio fut accompagné par le Samouraï Franc. La sagesse qu'il essayait d'apporter au groupe ne changea rien à la joie de vivre qui qualifiait la Princesse, la Brune et la Blonde. C'était l'année de ses 18 ans. Elle ne pensait plus à la prophétie et à la malédiction qu'elle devra affronter.
Vint l'année de ses 19 ans, année marquée par la retraite de Dapan, et donc, par des concerts phénoménaux des « Violons du Roi » chez le Roi lui-même. Pour l'occasion, tous les élèves ayant marqué le groupe furent invités. Cela incluait Jerry de la Terre du Spa : la romance était relancée. Mais évidemment, Jerry n'était pas venu seul : son frère spirituel Jeffy d'Olympe vint également et chamboula le c½ur de Princesse Cécile.
Les disputes entre le couple initial s'accumulèrent, causées par les états de débauche mutuels dues aux nombreuses soirées, et au rapprochement indiscutable de Jeffy et de la Princesse. Dapan regardait ces histoires d'un ½il noir. Connu pour son avarice, il voulait que ses fils spirituels se marient avec ses filles spirituelles pour que le trésor familial reste dans des mains connues, qu'importe le vice utilisé.
Princesse Cicile comprit que la malédiction était sur le point d'éclater au grand jour : elle prit la décision de partir de sa terre natale pour développer ses connaissances musicales dans un pays lointain, en laissant derrière elle Castor et Pollux, les deux personnes qu'elle aimait le plus au monde. Cette décision fit tellement plaisir à Dapan qu'il s'empressa de marier ses quatre enfants spirituels.
Et c'est ainsi que Princesse Cicile vécut malheureuse et n'eut point d'enfant.




